L'histoire remonte au XVIIème siècle.La pêche à la morue s'est développée en Islande, à l'époque où Dunkerque venait d'être rattachée au royaume de France de Louis XIV.
Les Dunkerquois avaient pour habitude de pêcher le hareng (mer du Nord), mais ils étendirent leur activité à la pêche à la morue, suite aux accords passés entre le roi Soleil et le Danemark.
Cette pratique était longue et dangereuse, certains étaient voués à ne pas en revenir. Une partie du salaire des pêcheurs leur était versée avant le départ, afin d'assurer le confort de leurs familles.
Avant le départ, les marins se réunissaient autour d'un banquet appelé le "foye", qui était en parti financé par les armateurs de la ville. A plusieurs reprise, ce repas a coïncidé avec les "jours gras" précédant la Carême.
A l’occasion de ces banquets, les marins qui avaient déjà empaqueté leurs affaires pour ce long voyage portaient les robes de leur femme et ornaient leur chapeau de fleurs.
Si la tradition était dans un premier temps le fait de marins, elle s’est progressivement étendue aux autres professions de la ville, le goût des festivités étant comme aujourd'hui, communicatif !
Si vous vous rendez au carnaval, pour comprendre le déroulement de la journée, voici quelques "bases" :
- Le matin, c'est l'avant-bande. Comme le dit la chanson :
"ça y est, c'est l'avant bande, on se retrouve tous à s't'heure, y'a des fois, je me demande, si c'est pas ça le meilleur"
Les Carnavaleux se réunissent donc au fil de la matinée, partageant un premier verre dans les bistrots de la ville, ou intégrant les chapelles disponibles.
Les chapelles : on dit qu'un habitant ou une structure "fait chapelle" en ouvrant sa maison aux carnavaleux. La coutume est d'offrir à boire et à manger aux personnes qui viennent, dans le but de partager un moment ensemble. Avant il n'y avait pas de restrictions, mais de nos jours, avec la population au carnaval très nombreuse, les chapelles se font de plus en plus sur invitations privées. En tout cas, elles restent un symbole de convivialité et de partage, les grandes notions de base du carnaval.
La bande : débutant souvent en début d'après-midi, la bande est constituée des personnes qui défilent. On peut rejoindre la bande, la suivre de A à Z ou faire de petites escales dans les bars ou les chapelles en cours de route!
Malo & Dunkerque:
À la bande de Dunkerque, le rigodon final a lieu place Jean Bart et à Malo à la place Turenne autour du kiosque
Le rigodon final : à la fin de la bande, les carnavaleux se rejoignent et entament le rigodon autour d'un podium, en se pressant les uns contre les autres, bras dessus bras dessous, et en avançant en même temps. C'est souvent très musclé : on appelle ça le chahut. Petits êtres fragiles d'abstenir ! La musique accompagne ce joyeux bazar.
L'hymne à Co-Pinard, en souvenir au regretté Tambour Major et en hommage à Jean Bart est ensuite entamé, chacun se mettant à genoux, sans chapeau, la main sur le cœur. Si vous avez déjà eu l'occasion d'y participer je pense que vous serez d'accord pour dire que c'est un moment très émouvant.
Les pépins sont de hauts parapluies. Lors du Carnaval, on peut voir les toiles flotter dans le ciel, colorant les villes à souhait (que c'est beau!).
Chaque couleur de parapluie représente une des associations du carnaval se consacrant le reste de l’année à des actions caritatives (vestiges des bals et œuvres de bienfaisance pour venir en aide aux veuves et orphelins des marins).
Ces parapluies trouveraient leurs origines au XIXème siècle. A cette époque, les paysans appelés « berguenaere » en flamand, se rendaient au carnaval accompagnés de leurs inséparables parapluies, pour braver les intempéries de notre région adorée.
Pour se moquer d’eux, les carnavaleux décidèrent de les imiter en adoptant à leur tour des parapluies.
Jean Bart était un corsaire, né le 21 Octobre 1650, devenu le symbole du Carnaval Dunkerquois.
Il prit la mer pour la première fois à 12 ans et 8 mois. Il commencera ensuite sa carrière en tant que câpre, mais sera surtout mis à l'honneur pour son aide au roi Louis XIV.
Il aura un fils et 2 filles avec sa première épouse, Nicole GONTIER, qui le laissera veuf. Il perdra ses 3 enfants décédés en bas âge.
Il sera fait prisonnier lors d'une bataille avec des vaisseaux de guerre Anglais, mais s'évadera de prison avec son ami Forbin et sera fait Capitaine de Vaisseau.
Il épousera Jacqueline Tugghe, avec qui il aura pas moins de ... 10 enfants ! (courageuse Jacqueline !)
Son combat pour servir Louis XIV durera toute sa vie. Celui-ci lui montrera sa gratitude en lui faisant l'honneur d'être anobli.
Il sera ensuite est nommé Chef d'Escadre des Flandres, puis Commandant à la Marine de Dunkerque.
Il est décédé en 1702 des suites d'une pleurésie.
Jean Bart est très cher aux carnavaleux, c'est l'emblême du carnaval.
Il est représenté en haut à droite de toutes les pages du site.
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